Développement durable et street marketing : un avenir prometteur ?

Le 5 Juin 2020

Par Arthur Lefevre

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Chaque année, la France consomme en moyenne 8,8 millions de tonnes de papier. Dans ce contexte de surconsommation, un réel défi se pose quant aux pratiques du street-marketing, qui repose beaucoup sur l’impression de papiers. Existe-t-il un futur où les agences de street marketing s’articulent autour du développement durable ?

Les agences de street-marketing vont-elles mourir à petit feu ?

La surconsommation de papier est réelle, et on ne peut le nier. Toutefois, cela ne signifie pas la fin du street-marketing et de ses pratiques. En effet, il est important de rappeler certains chiffres qui prouvent l’attachement des français à cette forme de communication, et donc la pertinence des agences de street marketing.

Premièrement, 93,5% de la population lisent un support publicitaire chaque semaine (selon BALmétrie). Ensuite, toujours d’après la même source, 46% des lecteurs se sont déjà rendus dans un magasin après avoir lu un courrier publicitaire. Enfin, le bêta de mémorisation est de 60,6% (selon morgensztern), soit très bon score de mémorisation, dû à l’aspect sensoriel de l’objet publicitaire.

Tous ces chiffres nous prouvent que le street-marketing reste un modèle très efficace et pertinent en matière de communication. Les agences dans ce milieu ne sont donc pas vouées à l’extinction, bien au contraire. Elles se doivent d’adapter leurs pratiques à la tendance du développement durable, pour permettre aux annonceurs de bénéficier d’une campagne marketing prometteuse.

Comment rendre compatible le street-marketing au développement durable ?

La réponse à cette question vous surprendra peut-être : il l’est déjà, du moins en partie ! La première raison simple est qu’il se construit avec une matière première renouvelable. Deuxièmement, le papier est totalement recyclable. Par conséquent utiliser du papier recyclé pour produire ses flyers ou autre est bien plus écologique que l’on ne le pense. Et là encore, nous vous donnons des chiffres pour appuyer cela.

Tout d’abord, le recyclage du papier consomme 60% d’énergie et d’eau en moins que la fabrication de papier neuf (selon planetoscope). Puis, ce sont 390 000 tonnes de CO2 qui sont évitées chaque année grâce au recyclage d’après Ecofolio. Enfin cette même source souligne que le papier peut être recyclé 5 fois au total.

De plus, l’utilisation de ce papier recyclé constitue un atout dans la perception même du flyer par les personnes. En sachant qu’aujourd’hui 89% des français sont sensibles au développement durable (Culturepapier), l’utilisation d’un support écoresponsable suscite de la positivité pour l’image de l’annonceur, en plus d’être écologique. C’est une double victoire !

On retient de toutes ces informations que la forme change, mais pas le fond : à condition de l’inscrire dans une démarche RSE, le papier est un support de communication réellement durable, de sa création à son extinction. Les agences de street-marketing peuvent donc proposer des opérations innovantes tout en respectant l’environnement.

Mais le digital n’est-il pas plus pertinent en matière de responsabilité écologique ?

Là encore les idées reçues affluent, tout simplement car le street-marketing a un côté beaucoup plus concret que le digital. La pollution engendrée par ce dernier est moins visible, mais pourtant très présente. Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Selon l’ADEME, un salarié à lui seul émet en moyenne 514 kg de gaz à effet de serre par an, soit un trajet Paris-Moscou en voiture. Il faut aussi savoir qu’une facture envoyée par internet engendre 242 grammes de CO2, ce qui est 15 fois plus qu’une facture papier (Culturepapier). Enfin, une simple consultation des réseaux sociaux, un visionnage de vidéo ou même une recherche web ont un poids environnemental certain, d’autant plus que nous sommes 1,5 milliards à naviguer sur le web quasi quotidiennement.

Attention, il ne faut pas tirer la conclusion d’une suppression pure et simple du digital, puisque ce dernier permet aussi de mener des opérations innovantes et redoutables en marketing. Cependant, il convient de rationaliser son utilisation, puisque ça n’est pas un média écologique, contrairement à celui proposé par les agences de street-marketing.

Les possibilités infinies d’un street marketing respectueux de l’environnement.

Pour aller plus loin, le street marketing permet une créativité sans limite pour promouvoir votre marque tout en respectant les principes du développement durable. L’utilisation du papier recyclé s'inscrit dans cette démarche, comme vu précédemment. Cependant ça n’est pas l’unique support publicitaire possible !

En effet ces derniers se multiplient, et s’orientent davantage vers des objets utiles et écoresponsables. Ainsi ce sont des gourdes, mugs en fibres végétales, sacs ou besaces en PET (plastique 100% recyclable), et tote bags qui sont distribués, tous plus éco responsables les uns que les autres.

Enfin, pour des opérations innovantes encore plus ancrées dans l’écologie, les plantes et graines constituent de très bons cadeaux promotionnels. D’une simple petite plante déco au sachet de graine fourni avec le flyer, les possibilités sont multiples et véhiculent un message très écologique !

Pour conclure, le street marketing n’est pas du tout en contradiction avec les principes du développement durable. A l’inverse, il s’y articule bien plus qu’on ne le soupçonne. Alors, convaincu ?